mercredi 27 avril 2016

Non, je n'irai pas voir le dernier Les Visiteurs

Illustration : Poe qui fronce du nez, 1848
Alors voilà, j'ai un travail. Je l'aime vraiment.

Bureau à ma gauche, Bobine, à ma droite, Fonceuse. Fonceuse me guide, Bobine m'épaule. J'aime énormément bosser avec les deux.

Je suis à une heure dix de transport de mon domicile. Du coup, je bouquine beaucoup.

Toutes les deux lisent. Fonceuse pas mal. Bobine un peu moins, en tout cas moins en ce moment. Elle s'étonne, le livre devant moi n'est pas le même qu'hier, et la semaine dernière déjà c'en était un autre. Devant un café elle s'ouvre - on se connait encore peu - elle aimerait trouver le temps, son fils tout ça.


Elle aime Stephen King (j'approuve), elle aime Musso (je tousse).

Et je ne m'aime pas trop quand je tousse.

Si je lis Carrère, c'est grâce à Merveille.
Que j'ai tenté d'épater avec Debray.
Debray, grâce à une prof'.
Qui aimait aussi Chambers.
Chambers grâce à Lovecraft.
Lovecraft c'est depuis Poe.
Poe, lui, c'est Maupassant.
Maupassant (merci) c'est King.

Je ne suis pas en train de dire que Bobine va "évoluer" grâce à moi ou à un autre, ce serait atroce. Je suis en train de dire que quand je fronce du nez en entendant "Musso", quelqu'un, quelque part, lève un sourcil devant un "King".

Or Bobine est libre d'aimer Musso, c'est ok. De toute façon, si Carrère fait de la littérature, c'est aussi grâce à Lovecraft.

Par contre, non, je n'irai pas voir Les Visiteurs 3 (ou 4).

mercredi 13 avril 2016

lundi 4 avril 2016

Les Elles - Les ciseaux pointus



J'écoutais, l'été, Inter le soir. La Kris, beaucoup. Des vieilles fictions radiophoniques, aussi.
 
J'étais au lycée. Je commençais à me sentir socialement bien à ma place, j'avais une bande, MA bande, j'étais populaire. Presque oublié, le calvaire du collège. L'entrée en 6e les cheveux trop longs, l'appareil dentaire, pas les bonnes fringues, pas d'Addidas aux pieds. Presque oublié la primaire, cinq années calmes dans une petite école de campagne.
 
Mais j'ai complètement oblitéré la maternelle.
 
"J'aimerais bien avoir des ciseaux avec des bouts pointus j'aimerais bien j'aimerais bien..."

samedi 27 février 2016

... et on t'emmerde.

République, trois graphes, un bien fou...

jeudi 24 décembre 2015

En cas d'attaque terroriste

Le premier jour des vacances, une gare.

Je suis sans voix.



Le réalisme des dessins et des situations. "Abritez-vous derrière un obstacle solide". L'impression de revivre les classes, se cacher derrière un arbre ne sert à rien, "Te cache pas derrière les kékés ! Tiens regarde BAM"; le trou dans ce qui dans l'imagination d'un civil tient lieu de couverture, "C'est pas comme dans les films".


Se préparer à cette situation semblait déjà assez incongru, même en kaki. "Éloignez-vous des ouvertures, allongez-vous au sol". C'était pour faire semblant, c'était pour dix mois, jouer à la guerre, jouer au soldat, l'armée de Valmy.

"En cas d'attaque terroriste", comme "en cas d'incendie", "en cas de montée des eaux".

Renaître sur ce quai, là, planté béa devant un panneau. Renaître cible de tirs, cible de l'autre.

"En cas d'attaque terroriste". "Si". Ou "quand".
 

Etre discret, se fondre dans le décors, devenir indétectable au nez, à l’œil, à l'oreille de l'autre.

"Enfermez-vous, barricadez-vous".

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