mardi 14 mai 2013

Hypothèses de signification


La nature occupe merveilleusement l'espace qu'on lui rend.

Ce qui m'excite ici c'est chercher à deviner pourquoi ce vélo fut ainsi abandonné. Émettre des hypothèses. Les tragiques (décès, expulsion, longue maladie, achat d'un scooter), les marrantes (terrassante attaque de flegme, perte de la clé)...

Ma préférée, une "fleur bleue" : il venait à vélo tous les soirs la retrouver. Un beau matin il s'est enfin décidé à rester.

jeudi 9 mai 2013

Flu

By Larcenet, piquée sur Le Monde.


Si j'avais Facebook, je "likerai" le journal d'un corps de Pennac dans sa version illustrée par Larcenet. Hybride magnifique.

J'aime le point de vu extérieur, froid, curiosité de médecin, sur ce que vit le protagoniste.

Alors voilà, forcément éponge de la pensée des autres, processus parallèle de lecteur, je me délecte de la montée de ma température. Roulé en boule, habillé sous la couette, je brûle, ma peau devenue sensible supporte maintenant mal le tissu. Ma tête, mon torse, mon ventre, de chaque petite cellule sourdre la chaleur... Je suis hors service. Enfant à mon tour. Je babille.

Think I got flu.

mardi 23 avril 2013

Here and then

Moquette, poussière, le parfum de propre que seuls procurent les produits d'entretiens vendus en gros, au collectivités.

Des odeurs, des souvenirs. Ma chambre d'une nuit s'efface. J'ai 15 ans, et passablement la trouille.

Début septembre 1990, il fait encore très chaud, on garde les fenêtres ouvertes. Un dortoir tout en longueur, un grand couloir un peu large, des boxes, deux lits dans chacun. Je ne connais pas encore le nouveau qui partage le mien, 23 ans plus tard je ne m'en souviens plus. Laurent, ce sera l'année suivante.

Je suis assis sur l'appui de la fenêtre, nous sommes au premier étage, et je lis pour tromper le temps. Je lis parce qu'un de ces soirs, ce sera mon tour. Le bizutage, acte symbolique d'intronisation à ma vie d'adulte, n'a pas encore eu lieu. Un par soir. Pion complice, c'est un rituel après tout...

Ça va être mon tour, mais je ne sais pas quand. J'attends. Mon humiliation (fantasmée, crainte, en réalité elle sera toute relative) enfin terminée, mes condisciples m'incluront, je trouverai ma place...

Je ne connaissais pas cette photo. Magie d'internet, c'est d'époque, je suis dessus...




dimanche 14 avril 2013

10h16

La lumière ce matin, après le café, Inter dans l'oreille. Couché sur le flanc à contempler tous les livres qu'il me reste à lire. La douche s'arrête. C'est mon tour, je m'arrache. Il fait beau.

mercredi 10 avril 2013

Je colle des timbres

Il y a de cela deux ou trois semaines elle me faisait ce joli cadeau, une image toute simple, "Je colle des timbres, à chaque fois qu'on m'énerve, qu'on me stresse, qu'on me pousse à bout, je colle un timbre, et puis quand je n'ai plus de place dans l'album le dernier à m'en filer un prend pour tous les autres." Merci à toi, participante déjà retombée dans l'anonymat.  Ce soir, je colle le timbre de trop.

Alors voilà, je suis énervé. Et cette après-midi je te croisais, affiche mourante, timbre minuscule et insignifiant, papier gâché voué à pourrir petit à petit et disparaître.

Je te croise et mais p*tain why don't you friggin' die already! Mars est mort, et ta conne de résistance rétrograde idem, à l'envi : "Le Sénat adopte l'article qui ouvre le mariage aux homosexuels" (Le Monde).



next post
Go To Home