samedi 27 août 2016

Sonya


Her watch has ended.

mardi 16 août 2016

Etude en rouge


Mark Rothko - Black in Deep Red
J'ai vu la scène cent fois, quasiment toujours le même documentaire. Les oiseaux dessinant des cercles concentriques de plus en plus serrés, jaugeant le corps. Est-ce qu'il est bien mort, est-ce que j'ai le droit de me servir, qu'est-ce que je risque.

Et puis un premier se pose, ose toquer le cadavre du bec. D'autres aimeraient suivre son exemple, balai sautillant d'hésitations et de désirs contradictoires. Le premier s'enhardit, pince la peau et tire dessus. Il teste sa résistance : le corps tressaute sous l'affront. Quelques oiseaux méprennent le soubresaut pour un signe de vie et s'éloignent un instant, mais le festin est annoncé.

Sous la peau, la richesse supposée. Crevée elle libérera un premier trésor, puis d'autres. Les morceaux les moins appréciés seront rejetés à même le sol, les plus bas dans l'échelle de la charogne les ramasseront plus tard. Les insectes enfin finiront de nettoyer les os et il ne restera sur eux que la peau, dessinant un animal trop plat, une contrefaçon dérangeante. La trace imprimée dans la terre du passage d'une vie.

Je croise donc ce matin-là un petit attroupement de cinq ou six riverains. Ils tournent autour des restes qu'un voisin vient de déposer sur le trottoir. Le même balai d’hésitation. Deux sacs poubelles gonflés, fermés, étiquetés "chausserie" & "vêtements". Trois cadres, un meuble démonté, des babioles.

Vaguement honteux de mon envie, de ma curiosité, je ne m'arrête pas. Pourtant au dos de l'un des cadres deux cartes postales. Qui cache ses secrets entre une reproduction et le mur ? Je m'éloigne.

Et puis dix minutes plus tard je négocie avec ma conscience un vague prétexte pour descendre à nouveau cette rue. Acheter une baguette à l'angle. Et puis j'ai besoin de cadres.

Une voisine ravie emporte sous mes yeux un petit chevalet de peintre, ceux qu'on utilise pour exposer les petits formats. Une autre un étendoir à linge. Un des sacs est éventré, sous la peau de plastique noir les restes d'une vie. Des bottines, des chaussures en bon état. Deux dames voilées sortent du second pull après pull, avec un respect quasi-religieux. Elles trient des reliques, replient et rangent ce qu'elles n'emporteront pas. Moi, j'hésite toujours. Je tourne.

Un homme moins attentionné, dans les souvenirs jusqu'aux chevilles, m'encourage du regard. J'arrache à mon tour mon lambeau, en grommelant mon vague "j'ai besoin de cadres". Le sentiment ridicule de devoir me justifier.

Je pars avec comme un voleur, je n’observerai en détail ce que j’ai pris qu’une fois enfermé chez moi. Deux cadres Ikea, métal noir brossé, immaculés. Des reproductions d'études par Mark Rothko.

C'était hier. Ce soir en rentrant du travail je ferai un détour mais il ne restera presque plus rien. Des reliefs de reliefs. Empreinte dans le trottoir du passage d'une vie.

Elle aimait l'art contemporain. Epoussetait le haut des cadres. Chaussait petit. Habitait rue des Pyrénées.

Les cartes postales ne sont plus là.

Je n'en saurai pas plus.

samedi 6 août 2016

Mon reuf feat Pierre Niney



Pierre Niney, ex comédie française, et Nekfeu.

C'est con, mais ça me touche. Le mélange. Ou réaliser qu'en fait les deux cultures maintenant peuvent s'interpénetrer.

Bref.

mardi 28 juin 2016

Unicorn VS. Wild

Moi : "(...) but then when T-Rex hits the jugular there's just nothing even the mighty Unicorn can do..."

Merveille :" Te faut une écharpe pour le sang... "

mercredi 27 avril 2016

Non, je n'irai pas voir le dernier Les Visiteurs

Illustration : Poe qui fronce du nez, 1848
Alors voilà, j'ai un travail. Je l'aime vraiment.

Bureau à ma gauche, Bobine, à ma droite, Fonceuse. Fonceuse me guide, Bobine m'épaule. J'aime énormément bosser avec les deux.

Je suis à une heure dix de transport de mon domicile. Du coup, je bouquine beaucoup.

Toutes les deux lisent. Fonceuse pas mal. Bobine un peu moins, en tout cas moins en ce moment. Elle s'étonne, le livre devant moi n'est pas le même qu'hier, et la semaine dernière déjà c'en était un autre. Devant un café elle s'ouvre - on se connait encore peu - elle aimerait trouver le temps, son fils tout ça.


Elle aime Stephen King (j'approuve), elle aime Musso (je tousse).

Et je ne m'aime pas trop quand je tousse.

Si je lis Carrère, c'est grâce à Merveille.
Que j'ai tenté d'épater avec Debray.
Debray, grâce à une prof'.
Qui aimait aussi Chambers.
Chambers grâce à Lovecraft.
Lovecraft c'est depuis Poe.
Poe, lui, c'est Maupassant.
Maupassant (merci) c'est King.

Je ne suis pas en train de dire que Bobine va "évoluer" grâce à moi ou à un autre, ce serait atroce. Je suis en train de dire que quand je fronce du nez en entendant "Musso", quelqu'un, quelque part, lève un sourcil devant un "King".

Or Bobine est libre d'aimer Musso, c'est ok. De toute façon, si Carrère fait de la littérature, c'est aussi grâce à Lovecraft.

Par contre, non, je n'irai pas voir Les Visiteurs 3 (ou 4).
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