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jeudi 15 janvier 2015

Capitaine Crochet


Un moulinet du bras et le crochet, un trident aux pointes recourbées, fend l'air. Le geste est assuré, la trajectoire maîtrisée, l'entrée dans l'eau juste à l'endroit souhaité par l'adulte. Il drague. C'était juste avant ou après le sauvetage du bateau. Il a perdu quelque chose, ou alors il veut attraper un truc. L'eau est basse.

A l'autre bout de la corde un enfant, une petite dizaine d'année, perdu dans ses pensées. Il n'a qu'une seule tâche à accomplir, assurer la corde. La retenir au cas où elle filerait. Il s'ennuie, regarde les alentours du lac.

La corde file, elle a échappée au père. Les mains lâches du petit garçon ne réagissent pas.  Le crochet est perdu.

Incompréhension, bref épisode de colère... Finalement la déception perceptible de l'adulte.


vendredi 26 septembre 2014

Par ricochet...

... je suis drôlement fier. MON beau-frère quoi. comme je dis MES filles. Ou MON village en découvrant Maestro.  C'est possessif. C'est un peu bête. Mais c'est un truc de clan, le territoire, le groupe d'appartenance. 

dimanche 14 septembre 2014

Freddy

Habiller sa fille en Freddy...

lundi 25 août 2014

Rue des Pyrénées



Des vies comme des trajectoires qui, parfois, se croisent...

J'ai pris une photo à ce même endroit, il y a quatre ans, quatre mois et une poignée de jours. Quelques jours avant de rencontrer V. in the flesh. Devant sa porte. J'étais plus nerveux, flottant. Pas aussi sûr de moi que j'en avais l'air...

Aujourd'hui une version miniature de nous s'endort contre mon ventre, dans le porte-bébé...





vendredi 11 mai 2012

Marie Paule M., 39 ans

Marie Paule M., 39 ans, témoigne sur le site du Monde. Problème, c'est un publipostage, Marie Paule M. 39 ans, n'existe pas.

Pas plus que Patrick, 51 ans, bac +4 et Directeur de Marketing. Inventée, Delphine, 34 ans, responsable marketing. Florence, 44 ans. Karine. Marc. Elsa. Olivier. Tous faux, les dents trop blanches, photographiées par des pros.



Dreamed a dream by the old canal. 
I kissed a girl by the factory wall. 
Dirty old town, dirty old town."

jeudi 3 mai 2012

"Tu gagnes ?"

Deux mots au hasard, tirés de La Tournée.

"Tu gagnes ?", ce que ton père te demande quand il tente de lier le contact.

"Tu gagnes ?" Tu n'en n'a strictement rien à foutre, trop occuper à ingérer ta dose hebdomadaire de sordide.

"Tu gagnes ?" Ici c'est la vraie vie, et dans la vraie vie on ne joue pas pour gagner ou perdre, on joue pour passer le temps. Qu'enfin le weekend finisse...

mardi 17 avril 2012

Les souvenirs induits


Mon épaule crépite façon tendinite. Petite douleur récurrente qui resurgit quand je dors le biceps sous l'oreille. Je n'ai pas vraiment souffert depuis 2001. L'armée, rester droit des éternités. Le lourd fusil d'assaut dans les mains (son parfum, huile d'arme et métal froid) la sangle qui coupe le muscle de l'épaule. Et là un souvenir surgit : je suis planton, désigné haie d'honneur pour l'enterrement d'un sous-officier. Une vraie douleur, intenable, et l'immobilité necessaire face à la famille qui à la fin viendra nous remercier.

Question : j'y étais vraiment ? Je me souviens avoir argué auprès de mon capitaine d'un décès dans la famille pour couper court à la corvée. J'erre entre deux versions également fraîches d'un souvenir. J'y étais. Je n'y étais pas. Cérémonie imaginaire ?

dimanche 15 avril 2012

Soleil de nuit


La fenêtre, grande ouverte une dernière fois avant demain. Rafale de vent, doux, avant-goût de l'été à venir. Des couleurs incroyables, j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime cette rue j'aime...

mardi 10 avril 2012

Transmission


A la campagne, un oncle et ses deux nièces.
Leçon de choses devant le feu...

lundi 9 avril 2012

10, rue Brochant


En février 1889, au 10 rue Brochant, vivaient Edouard et sa mère Emma Catherine. Emma... Je l'ai cherchée pendant des années, et puis coup de chance, archives, coup de main... La voici. Trait d'union entre deux pans de l'histoire d'une famille. La Belgique et la France. Je suis curieux de voir où elle a vécu. Impatience d'attendre jusqu'à demain. Street View...

jeudi 5 avril 2012

19h58


Ma cuisse crépite (private joke). Rectificatif : le portable (dans-la-poche-de-cuisse-de-mon-pantalon-à-poches) vibre. 19h58. Mon téléphone clignote rouge. Le coeur à contretemps. Je sais qui m'écris. Je résisterai, c'est mon petit plaisir, trois heures entières avant de le lire. Ce message n'appartient qu'à moi.

mardi 3 avril 2012

Google maps mon amour


J'ai 15 ans, j'exulte. Vous voyez le petit A rouge ? C'est moi en mai. J'ai hâte j'ai hâte j'ai hâte ! Qui sait, j'abandonnerais peut-être tout pour récolter des oranges dans un kibboutz...

dimanche 1 avril 2012

Demain...


... aujourd'hui, on est quatre.

mercredi 28 mars 2012

Eric




"If I were in America, I could say, “I love you, Dad,” the way they do in the films. But in Limerick, they’d laugh at you. In Limerick, you’re only allowed to say you love God and babies and horses that win. Anything else is softness in the head."


lundi 19 mars 2012

39-40


J'aime creuser dans les archives de famille, chercher le rôle des uns, des autres, lire entre les lignes. J'ai trouvé un jour le courage de recueillir son histoire. D'abord sa "drôle de guerre" sur la ligne Maginot, puis la débâcle.

Traverser la France à pinces. La radio, massive, jetée rapidement dans un fossé... Parfois le stop qui raccourcit les étapes et épargne les pieds. Un jour, endormi à l'arrière d'un camion, on le réveille d'un coup sur la carrosserie : "Tu es arrivé !" Il saute, y oublie son Lebel. Soldat ordinaire.

Cette plaque à Montparnasse m'interpelle : 1944. Il parlait toujours de "39 - 40", pas 45. Je réalise enfin que sa guerre à lui n'était pas allée si loin...

samedi 3 mars 2012

Thirty seconds of happiness

La classe américaine...

Presque passé inaperçu, un 3e membre, une nouvelle icône s'est ajoutée à la famille. La photo d'un homme, d'un nez plutôt, et de son chien. Description liminaire : "Can act. Can ride a unicycle. Can make toast". Un nom, Harry Goaz.

I does ring a bell... My, oh my... Surely not THE Harry Goaz ??? 


So glad I promised I wouldn't faint...

mercredi 15 février 2012

Kezako ?


Hier, 16h00, partout dans les métro, des roses, des roses, des roses...
Bonheur : s'en ficher allègrement à deux.

lundi 13 février 2012

Ce geste


Tristan Garcia, Toute l'Histoire humaine s'avance vers un seul but unique, Schnock n°1 :

" [...] la balle ne touche plus terre, les joueurs se trouvent comme en rêve, les Allemands, presque admiratifs et spectateurs se trouent avec la lenteur malhabile de la réalité embarquée sans prévenir dans la musique bien réglée d'un songe et c'est Bloem, le blond, dos au but, qui réceptionne oriente et détourne le cuir vers la gauche, effleuré à peine par le Bavarois Hammer, qui participe sans le vouloir à la chose, maus, prolongée finalement du crâne par l'ailier japonais d'Ajax, Edo, la trajectoire de la balle trouve au coin de la surface de réparation, en retrait, Flanders, Jan Flanders ! Ce geste..."


Ce geste j'aurais bien aimé le retrouver en vidéo. Honnêtement, j'ai cherché. Cinq minutes. Mais c'est plus fort que moi j'ignore le foot d'une mauvaise foi maladive. La coupe du monde de 1998 par exemple, j'étais à deux pas, en stage chez France Soir à Saint Denis. Je passais deux fois par jour devant le stade. Et seul anglophone qu'ils avaient sous la main je partais le matin interviewer pour je journal les supporters écossais, je traduisais des articles anglais sur les hooligans qui, c'était sûr, allaient débarquer chez nous et mettre Paris à feu et à sang... L'Histoire, majuscule comprise, à deux pas, à portée de main. Et je n'ai pas regardé un seul match. Pas même la finale.

Pourtant le foot' j'y ai joué, enfant. Poussin, puis minime. Le club s'appelait SCO' quelque chose (Saint Plantaire Cuzion Orsennes). Trois communes avaient mis en commun un budget, juste assez pour entraîner un groupe de gosses les mercredis après midi et payer l'essence du minibus pour les matches du samedi matin. J'étais arrière gauche, maillot numéro 2... Et j'étais pire que mauvais : un joueur passable. Juste assez de volonté pour courir après des ballons que je n'attraperais jamais. Celui qu'immanquablement le coach félicitait quand l'équipe avait été mise minable une fois de trop.

Mais voilà moi j'avais un rêve secret, marquer un but. Dur, quand on est un défenseur moyen... Et puis un jour l'occasion se présente. Coup de chance plus qu'intelligence du jeu je me trouve seul en possession du ballon. Je dribble - miracle ! - un défenseur adverse, je distance tout le monde. Plus rien entre moi et le filet adverse qu'un demi-terrain et le gardien adverse. Je remonte, je vole, porté par mon fantasme... C'est MON moment. Lucide sur la distance qui me sépare des filets je laisse le ballon prendre un peu d'avance, trois pas comme à l'entrainement, je vais frapper, mon équipe retient son souffle, j'arme mon pied droit et ce geste...

Ce geste manque de force. Je suis à bout de souffle, je n'ai plus rien dans les jambes, c'est un tir arthritique, pitoyable, qui ne menace en rien le garçon en face. Il se marre à moitié en ramassant une balle qui roule droit vers ses mains. Je sens bien que j'ai déçu tout le monde dans mon camp, mais il ne le montreront pas.

Je n'aurai jamais marqué de but. Je hais ce sport désormais, que j'arrêterai l'année suivante sous un prétexte bidon : le brevet à préparer. Alors Jan Flanders et la coupe du monde de 78, vous comprenez...

dimanche 12 février 2012

Do you think I'm cute?


"Daddy, Daddy, regarde, des clones !
_ You're mistaken love, they're not clones, they're Stormtroopers. Now this one remember, he's a speeder bike pilot.
_ Je le connais ! On peut aller les voir ? Tu me prends en photo ? Hé, là regarde, Boba Fett !!! Tu les imprimera les photos ? Je pourrais les montrer à l'école ?"

Le travail de père est souvent ingrat (si si), mais parfois la spontanéité de leurs réactions me laissent penser que mon éducation finira par porter ses fruits... My work here is done.



mercredi 8 février 2012

Here we go again

Crédit photo wikipedia

Ça recommence. Je les vois pour la première fois et déjà cette impression dérangeante de les connaître. Elle, les yeux un peu trop bleus, le verbe précis, qui le weekend élève des pythons. Lui la cinquantaine grisonnante, très VRP de base en apparence mais qui pourtant me surprend par sa prise de recul et sa pertinence. Elle encore, à vif, qui se cache derrière une confiance aussi facile que sa parole. Et lui, émotif, fatigué, les yeux un peu trop brillants en fin de journée, au bilan.

Eux enfin que, quittant ma salle pour aller déjeuner je ne reconnais qu'avec la plus grande des peines (habitué que je suis à ne les voir que de face ou de trois quarts). Je gagne leur confiance, toujours. J'établis des liens forts, l'espace d'une journée. Et déjà partis il faut que je recommence avec de nouveaux interlocuteurs. Tous différents. Tous pareils.

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